Usages de l'eau
Analyse de l'eau de puits, quand elle devient obligatoire

L'analyse de l'eau d'un puits devient obligatoire dès que l'eau sert à la consommation humaine. Elle est confiée à un laboratoire agréé, payée par le propriétaire et jointe à la déclaration de fin de travaux.
En Alsace, elle a une raison de plus d'être faite avec soin, car la qualité de la nappe varie d'un secteur à l'autre.
Analyse obligatoire, pour quels usages
Quels usages valent consommation humaine ? Service-public.fr en donne la liste. Boire, préparer les repas et cuisiner en font partie, tout comme laver la vaisselle et assurer l'hygiène des personnes.
D'autres usages surprennent davantage. L'arrosage d'un potager et le nettoyage entrent aussi dans la liste, ainsi que tout usage où l'on risque d'avaler l'eau. Un puits qui arrose les salades relève donc de la règle.
Pour une pelouse, un massif de fleurs ou le lavage d'une terrasse, l'analyse n'est pas imposée. Elle reste un bon réflexe si le puits a été remis en service après des années d'abandon.
Un laboratoire agréé, et non un test maison
L'analyse réglementaire est faite par un laboratoire agréé. Il fournit des flacons propres et précise comment remplir chacun, car un prélèvement mal fait fausse le résultat.

Les bandelettes vendues en jardinerie donnent une idée, pas une preuve. Elles ne remplacent pas l'analyse jointe au dossier, et ne disent rien de certaines pollutions invisibles à l'œil.
Le prélèvement se fait au robinet le plus proche du puits, après avoir laissé couler l'eau. Nous prévoyons ce robinet sur chaque installation, pour que le laboratoire puisse prélever sans démonter la pompe.
Jointe à la déclaration de fin de travaux
La déclaration d'un puits se fait en deux temps. La première, au moins un mois avant les travaux, annonce l'ouvrage. La seconde, dans le mois qui suit la fin du chantier, décrit l'ouvrage réalisé.
C'est à cette seconde déclaration que l'analyse est jointe, si l'eau est destinée à la consommation humaine. Avant les travaux, puis après : le formulaire en ligne se remplit deux fois, voir la déclaration DUPLOS.
Le service de l'eau de la commune peut ensuite contrôler l'installation. Il vérifie notamment que le réseau du puits n'est relié en aucun point au réseau public, et peut exiger des mesures de protection.
Ce que l'Alsace ajoute à l'analyse
La nappe d'Alsace est décrite par le ministère comme peu protégée. Les graviers du Rhin laissent passer l'eau vite, et avec elle ce qui s'infiltre depuis la surface.
Dans le Haut-Rhin, un rapport du BRGM documente une salinité de la nappe liée aux terrils des anciennes mines de potasse, entre Mulhouse et Colmar. La notice géologique de Colmar signale des teneurs en chlorures, le sel dissous, élevées le long de l'Ill.
Dans le Sundgau, une étude du BRGM relève une pollution diffuse par les nitrates dans les cailloutis, une couche de graviers anciens. Vers Ferrette, certaines sources du Jura alsacien contiennent de l'arsenic d'origine naturelle.
Ces éléments ne disent rien de votre puits en particulier. Ils expliquent pourquoi nous conseillons de demander au laboratoire une analyse complète, adaptée à la consommation humaine, plutôt qu'un simple contrôle bactérien.
Et si le résultat n'est pas bon
Un mauvais résultat ne condamne pas le puits. L'eau peut garder ses usages d'arrosage de pelouse ou de nettoyage extérieur, sur un réseau séparé et clairement repéré.
Un puits ancien mal fermé peut aussi s'améliorer après un nettoyage et une tête refaite. Notre remise en service de puits s'en charge, puis une seconde analyse dit si l'eau a changé.